La puissance de la louange

Dans les Actes des Apôtres, cette semaine nous avons entendu de Saint Paul et de Silas avoir été emprisonnés, tout semble perdu pour eux : « Après les avoir roués de coups, on les jeta en prison, en donnant au geôlier la consigne de les surveiller de près. Pour appliquer cette consigne, il les mit tout au fond de la prison, avec les pieds coincés dans des blocs de bois. »

Et pourtant, voici ce qui se passe : « Vers le milieu de la nuit, Paul et Silas priaient et chantaient les louanges de Dieu, et les autres détenus les écoutaient. Tout à coup, il y eut un violent tremblement de terre, qui secoua les fondations de la prison : à l’instant même, toutes les portes s’ouvrirent, et les liens de tous les détenus se détachèrent. »

Paul et Silas ne louent pas Dieu après leur délivrance. Ils louent Dieu au cœur même de l’épreuve. Et voici que la puissance de la louange dépasse leur espérance : il ne s’agit plus seulement d’une libération intérieure, mais bel et bien d’une libération de leur prison.

Quand on nous dit que Jésus nous donne part à sa résurrection, qu’il ouvre nos tombeaux, ce ne sont pas simplement de belles paroles, mais une promesse qui s’accomplit concrètement dans la vie des croyants.

Et ce n’est pas une histoire unique dans la tradition chrétienne. Dans le livre de Daniel, les trois jeunes gens jetés dans la fournaise continuent de bénir Dieu au milieu du feu. Les premiers martyrs chrétiens chantaient les psaumes avant leur supplice. Saint François d’Assise compose le « Cantique des créatures » alors qu’il est très malade et presque aveugle. Maximilien Kolbe priait et chantait avec les prisonniers dans le bunker de la faim.

Pourquoi cette insistance sur la louange ? Parce qu’elle est une des plus grandes forces que Dieu donne à son peuple. La louange détourne notre regard de nous-mêmes, de nos peurs et de nos enfermements, pour tourner notre cœur vers Dieu. Elle ne nie pas la souffrance, mais elle proclame que Dieu est plus grand que tout ce qui peut nous écraser.

À quelques jours de la Pentecôte, demandons à l’Esprit Saint cet esprit de persévérance : un cœur capable de continuer à prier, espérer et bénir Dieu même dans les moments difficiles. Car un cœur qui loue est déjà un cœur que Dieu commence à libérer.

Père Luc

Éditorial du 14 mai 2026 – par le Père Luc