La Croix n’est pas une défaite !

Nous entrons dans la Semaine Sainte. Elle n’est pas une simple succession d’événements à suivre, ni une série de rites juxtaposés : elle est un chemin, une expérience que l’Église nous fait vivre.

« Parmi toutes les solennités chrétiennes, bien-aimés, nous n’ignorons pas que la première place revient au Mystère pascal ; c’est à le recevoir dignement et convenablement que nous disposent les institutions de l’année entière. » (Saint Léon le Grand, Ve siècle). Autrement dit, tout ce que nous vivons au long de l’année est orienté vers cette semaine, qui nous fait marcher avec le Christ pour vivre le grand passage.

Un grand passage : comme le peuple élu passa de l’esclavage en Égypte à la liberté en traversant la mer Rouge, à la fin de cette semaine, les catéchumènes seront eux aussi plongés dans cette eau vive ; et nous-mêmes, nous serons appelés à renouveler notre baptême.

Mais auparavant, il nous faut contempler le don du Christ, à la Cène du Jeudi saint : une charité sans faille qui se donne à nous sous l’apparence du pain, qui s’abaisse jusqu’à nous laver les pieds, et qui s’accomplit pleinement dans le don de la Croix, le Vendredi saint.

Cette semaine, le Christ vient nous rejoindre dans nos morts, nos peurs, nos détresses, afin de nous ouvrir à cette vie nouvelle. Saint Paul le dit : « Si nous sommes morts avec lui, nous vivrons aussi avec lui » (Rm 6, 8).

Chers amis, prions les uns pour les autres, prions pour nos catéchumènes. Entrons ensemble dans cette semaine où le Christ veut, au bout du chemin, nous donner le fruit de sa promesse.

Editorial du 29 mars – par le père Luc