Le don de la Vie

Frères et sœurs, 

Petit à petit, notre société est devenue consumériste et individualiste. Sans nous en rendre compte, nous perdons le sens de la communauté et du bien commun. Tout semble désormais mesuré selon l’utilité personnelle, le confort et la rentabilité. Or Jésus ne cesse de nous rappeler que nous ne sommes pas faits pour vivre seuls :

« Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

(Jn 13, 34-35)

Nous cherchons parfois à valoriser notre vie et notre famille comme si nous pouvions vivre isolément les uns des autres. Pourtant, l’expérience le montre : se renfermer sur soi, même pour se protéger ou préserver un certain niveau de vie, finit par assécher. Peu à peu, les relations ne sont plus des lieux de rencontre et de croissance, mais des espaces où l’on cherche à tirer profit.

Sans nous en rendre compte, nous devenons consuméristes jusque dans nos relations humaines : l’autre n’est plus accueilli pour ce qu’il est, mais pour ce qu’il peut m’apporter. Et lorsque cette logique s’impose, la vie elle-même finit par être regardée comme un bien que l’on gère, que l’on utilise, que l’on sélectionne.

C’est ainsi qu’une société peut en venir à produire des lois et des pratiques qui vont à l’encontre du don de la vie, car celle-ci n’est plus reçue comme un don. Or la vie n’est pas une propriété : nous ne l’avons pas choisie, nous l’avons reçue.

Et comme tout don, la vie appelle une responsabilité : non pas la posséder jalousement, mais en prendre soin pour qu’elle puisse être donnée à son tour. Vivre, ce n’est pas seulement exister pour soi, c’est consentir à devenir source pour les autres. Jésus nous le dit :

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime »

(Jn 15, 13).

Belle semaine à chacun,

Père Luc

Editorial du 25 janvier 2026 – par Père Luc