Fraternité

C'est de la fraternité chrétienne qu'il s'agit dans cette lettre pastorale. Pas de la fraternité en général. Pour une raison importante : nous avons besoin de revaloriser à nos propres yeux cette fraternité chrétienne, de comprendre qu'elle n'est pas faite de bons sentiments, qu'elle n'est même pas un idéal, mais un donné inséparable de la personne du Christ, et qu'elle demande à être pratiquée de façon résolue, solidaire et même radicale, dans notre société qui se passe de Dieu et du Christ. Rassurez-vous, s'il le faut : je ne vais pas dire que les catholiques seuls seraient capables de sentiments fraternels. Ce serait un mensonge, mais je voudrais vous inviter à un examen de conscience : comment cette fraternité chrétienne est-elle vécue parmi nous ? Que faire pour la développer en formant des communautés réellement fraternelles ? Et fraternelles au sens réaliste de ce mot, non pas faites de gens qui s'entendraient toujours facilement, mais d'hommes et de femmes qui apprennent à partager ce qu'ils ont reçu de Dieu, dans le Christ, le Fils du Dieu vivant qui est devenu notre frère. Avec cet avertissement révélateur : « Vous n'avez qu'un maître et vous êtes tous frères » (Mt 23, 8). Et aussi cette promesse : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère » (Mc 3, 35).